Comment aider les victimes

La prise en charge devrait être automatique

 

J'ai extrait le témoignage qui va suivre de la page "témoignages" de ce site, car il colle parfaitement à cette page "aide aux victimes". Ce qui peut ou pourrait être fait et ce qui ne l'est pas.

Je suis convaincue qu'un accompagnement des victimes de la séparation, du divorce ou de l' abandon de famille permettrait de réduire les conséquences sur la vie de tous ces laisser-pour-compte. Même la Sécurité sociale y trouverait son compte. Connaître les démarches à accomplir pour ne pas se retrouver rapidement "à la rue" ( au sens propre et au sens figuré) donnerait de l'espoir et même le courage nécessaire pour régler les soucis du quotidien, la paperasse en premier lieu. Et là, on ne parle pas d'argent, mais de soutien psychologique, d'accompagnement. Bien sûr, des structures et services sociaux existent, mais dans le cas d'une rupture sentimentale, difficile pour beaucoup de s'adresser à elles. Si la structure, le service compétent pouvait aller directement vers les victimes, le gouffre ne se creuserait pas, du moins les personnes mettraient moins de temps à sortir la tête hors de l'eau. Certains (es) abandonnés (ées) auraient besoin d'une aide ponctuelle pour avancer dans cette nouvelle vie, d'autres seraient demandeurs sur une plus longue durée, mais au bout du compte, tout le monde y gagnerait. La victime qui aurait espoir de s'en sortir plus vite, les institutions et organismes de la santé qui verraient moins de victimes anéanties. L'aide psychologique apportée au bon moment, c'est-à-dire dès la rupture, est une manne inestimable pour le futur. Se sentir épaulé (ée) donne le courage nécessaire pour mettre en place un nouveau quotidien. Se sentir soutenu (e) évite la dépendance aux anxiolytiques, antidépresseurs et autres addictions aux drogues douces et plus dures. C'est tout bénéf pour la Sécu! Reste à savoir comment instaurer de tels soutiens.

Des élus m'ont confié qu'en pareil cas, dans les villages ruraux notamment, ils ne savent pas forcément bien s'y prendre avec les victimes de la séparation. Mais surtout ne savent pas comment les conseiller pour anticiper les conséquences des départs imprévus des conjoints (es).

Voici le témoignage d’une femme, diplômée, à la vie plutôt sympathique de par sa profession, qui vivait en couple et qui, au moment où je publiais mon livre, se retrouvait abandonnée. Elle n’a rien vu venir... mais là encore, tout avait été manigancé... Je la remercie d’avoir bien voulu témoigner, même anonymement, d’autant qu’elle le fait en s’appuyant sur des passages de “1+2=7”. Je me souviendrai toujours du jour où, présentée par une amie, cette jeune femme venait vers moi en me disant: “Votre livre m’a sauvé la vie”. Elle m’expliqua ce qu’elle voulait dire. Grâce à mon témoignage, elle avait pu s’attendre au pire et avait pu imaginer que sa situation pourrait s’aggraver. Elle comprit que son conjoint n’était peut-être pas celui qu’elle croyait. Actuellement, cette battante n’a pas retrouvé encore sa vie d’avant, loin s’en faut. Elle a juste pu, tout récemment, s’installer dans un studio. Et c’est déjà pour elle un grand pas. Vous allez comprendre pourquoi. Ce témoignage est un peu long, mais vous pouvez arrêter et reprendre la lecture à votre convenance, puisqu'il est constitué de petits chapitres.

 

Bonjour Cathy,

Je te remercie infiniment pour tout le courage et les énergies investies à rédiger ce livre. Je t'apporte mon soutien afin que nos témoignages soient entendus auprès des associations sur l'abandon conjugal et auprès du Ministère des Droits des Femmes.

Après 10 ans de vie commune, puis pacsée, je me suis retrouvée sans toit du jour au lendemain, escroquée,volée, sans habits, sans papiers en plus de subir le traumatisme de l'abandon conjugal. Mavie s'est arrêtée le 2 septembre 2012 et la Justice a commencé à peine à intervenir en février 2013 malgré la mobilisation et des dépositions complètes.

 

Ton histoire est une délivrance de la parole, pour toi mais aussi pour les autres victimes. Ce témoignage est indispensable pour rendre visible les préjudices et le traumatisme que vivent les personnes en situation d'abandon conjugal. Nous sommes brisés, rien n'est adapté pour aider les victimes et la réaction des proches, face à l'urgence, intervient des décennies trop tard parce qu'ils confondent vie privée et non-assistance à personne en danger.

 

Ton témoignage correspond à un scénario identique que j'ai subi, dont voici tous les éléments communs:

Le conjoint devient évitant ; il n'y a aucun signe car, en privé et en public « tout va bien » ; mon conjoint aussi a avoué, timide, « qu'il n'est pas fier de lui »... mais de quoi parlait-il? une absence non prévue arrive; le non-dialogue s'installe puis il coupe la communication sans explication ; sans réponses, on angoisse ; on se met en situation de tout accepter mais qu'au moins les choses soient claires ; je découvrirais aussi la complicité de la belle-mère; lui pouvait couper le téléphone (cf p24) mais je ne pouvais pas me désolidariser du compte ; privés de moyen il faut recréer des nouveaux comptes ; c'est « un prédateur qui cherche une proie difficile à convaincre » (p28) ; on découvre des démarches faites à ma place (cf p.29) ; tout comme toi je me retrouve dans cette situation de « vides juridiques exploités par mon mari et sa mère, le grand n'importe quoi de certaines banques et la non-assistance des organismes sociaux font que bien des femmes et des hommes finissent à la rue. Il est facile de tout perdre et de se retrouver sur le trottoir à mendier » (cf p30)), « comble du comble, mon cher mari dit qu'il n'avait rien à me reprocher...au lieu de ça je divorçais sans savoir seulement pourquoi. …le motif invoqué ne tenait pas debout » (cf p32).

 

Je tiens à remercier spécialement votre fils car son témoignage nous a donné une clé essentielle pour comprendre . Votre fils a écrit : « ce qu'il te reproche c'est lui qui le fait» (cf p25). Les rares messages que nous avons reçus de mon conjoint ne m'interpellaient pas. Avec cette clé, on trouvait enfin du sens ! Il disait que « je sortais » alors que j'allais en conseil d'administration consigné, que j'étais jalouse (mais de qui?), il me reprochait soudainement que « j'avais des amis et des loisirs». Aucun de ces « reproches » soudains ne justifiaient de m'avoir plongée dans cette situation. Il a soigneusement tout orchestré pour détruire un à un tout ce que j'avais.

 

Durant ce temps, rentrons directement dans le vif du sujet pour sortir des clichés de « la séparation » et comprendre l'ampleur des dégâts de l'abandon conjugal :

L'autre n'a jamais rien verbalisé et écrit (les mails privés le prouvent) sur le sujet, il m'a menti ainsi qu'à tout le monde sur notre logement, il m'a laissé aller à Paris pour prendre l'avion avec lui (séjour d'un an,préparé ensemble) si c'était pour m'abandonner au bord de la route en France comme un sac-poubelle ? pourquoi ne m'a t-il pas dit de prendre un logement pour que je puisse récupérer mes affaires plutôt que de m'offrir la rue?

Une situation étrange où l'on est en danger sans le savoir : Mon conjoint venait de me couper de mon avenir (un an à l'étranger), j'étais coupée du logement principal où je ne pouvais plus revenir, j'étais coupée socialement et informatiquement de mes réseaux sociaux et professionnels (et perte de crédit), il m'intimidait sur l'accès au compte courant, il me menaçait de me taire, il me conseillait vivement de rester tranquille, j'étais coupée de tous mes loisirs, de toutes mes affaires, de tous mes papiers privés, de la gestion de mon site internet et mails professionnels. Je cherche ce que mon conjoint n'a pas détruit.

 

SDF du jour au lendemain.

Je cherche où est la Justice car je me retrouve SDF du jour au lendemain et cela a duré plusieurs mois. Une véritable déchéance qui déroute tous mes proches, amis et collègues que j'avais quittés et qui me croyait à l'étranger. On est début 2013 au moment où j'écris ces lignes et depuis 5 mois je survis pour couvrir mes besoins fondamentaux. Des amis m'écrivent me pensant à l'étranger avec mon conjoint. Ils sont inquiets de mon silence et je suis dans l'incapacité technique de leur répondre que je suis bien en vie mais SDF en France.

Derrière l'arbre on découvre la forêt : Tout comme toi, « ne voulant pas imaginer que tout était fini sans la moindre explication, je m'armais de courage » (cf p18), « avec le recul, je comprenais que tout était bien ficelé,étudié depuis des lustres (cf p19). Le temps passe, la Justice hiberne, nous voyons qui des amis ne répondent pas à l'appel et cela nous a révèlé d'autres horreurs: la préméditation, que le logement que nous restaurions à deux n'était pas à mon nom malgré toutes mes démarches (abus de confiance), la complicité avérée de sa famille sur le dossier logement. Se sont rajoutés la rétention de mes documents personnels, le vol d'objets personnels par sa famille... L'abandon du conjoint était déjà insurmontable mais la découverte de cette escroquerie, la non-assistance de la belle-famille, le non-accès, vol pur et dur de documents personnels et la diffamation ne me permettent pas de remonter à la surface. Mais ça se retournera contre eux !

 

Ton témoignage m'a permis d 'anticiper les pièges suivants qui allaient me tomber dessus.

Grâce à l'intervention immédiate d'une avocate, nous avons pu identifier rapidement qu'il mentait et que c'était bel et bien des pièges ! Je n'en revenais pas. Mon conjoint oeuvrait bien pour me mener à ma perte. Souriant, il m'avait fait creuser ma propre tombe (restauration du logement durant un an, emploi invisible, gestion du déménagement, nos affaires sont toujours ensemble à la cave depuis des mois...).

Même en tirant toutes les sonnettes d'alarme, on assiste impuissant à l 'inaction absolue des services sociaux, de la police, de la Justice et, le pire, le silence coupable des proches. On se sent trahi, sali.

On envoit des satellites dans l'espace et pourtant nous sommes au Moyen Age! La police est formelle, pour intervenir: il faut du sang. Sans cela rien. Connaissez- vous des morts qui sont venus porter plainte ? Moi non. Alors que faire lorsqu'on est victime : d'harcèlement, de torture psychologique, d'abandon conjugal où les blessures sont réelles, abondantes mais non visibles.

La télévision déverse des séries où «les enquêtrices sont en tenue de soirée au milieu de marécage, des hommes virils sont armés pour combattre ...des manipulateurs ! Des générations de gens sont abreuvés d'horreur, de crime voire de culte à un soi-disant « crime parfait » comme s'il fallait applaudir. Pourtant le crime n'est pas le sujet central puisque les morts ne souffrent plus. Le crime c'est l'institution inactive, les proches qui ne bougent pas pour secourir.

On tente même de faire croire que ces crimes sont fascinants, qu'il existe une pléthore d'enquêteur ultra spécialisés (où ça?) mais c'est le NEANT pour les victimes. Victoire, en 2012 j'apprenais que des masters universitaires arrivaient pour s'ocuper des vivants.

 

Cette passivité des proches enfonce la victime au moment où elle a immédiatement besoin d'être secourue, au moment où on peut être sauvé.

La Justice n'est pas là pour remplacer les proches et elle n'intervient que des mois plus tard pour évaluer et juger. Durant ce temps, le coupable bénéficie d'un temps précieux pour broyer la victime, continuer de voler et escroquer en toute tranquilité.

Lorsqu'il m'a abandonné au « bord de la route », nous avons découvert que c'était un acte prémédité : je n'avais sur moi, à ce moment-là, que mon visa en poche et une valise, j'avais rompue toutes mes activités pour le suivre, géré le déménagement, les visites, l'intégralité du nettoyage, j'étais claquée...et je me retrouvais SDF devant « mon » logement, sans mes affaires, mes meubles et affaires sont encore dans ses 2 logements. J'ai lancé quelques appels à l'aide mais je n'avais pas les moyens : ma vie c'était, désormais, de trouver à manger, comment me chauffer et me trouver un toit. Je n'avais pas encore les moyens de sauver mes propres affaires et encore moins de récupérer mes papiers.

 

Le scénario était bien prémédité. Mon conjoint s'est trahi en « vendant la peau de l'ours avant de l'avoir tué » :

Pour me couper toute retraite même s'il savait que je n'avais aucun moyen de communication dans la situation où il m'avait mise, il avait pris les devants de dire en mon nom « que j'allais bien et que j'étais en France » car il avait oublié que des gens s'inquiétaient de mon absence. Il reécrivait

l'histoire !

Heureusement, des amis ont vérifié par eux-mêmes car ils n'avaient plus de nouvelles de moi.

C'est en me contactant que des amis allaient m'apprendre «mon avenir », celui qu'il avait préparé pour moi. Durant qu'il m'envoyait des paroles mielleuses et inadaptées à ma situation de SDF, il m'ordonnait que « je reste quelques semaines en France avant de le rejoindre ». Or j'apprenais d'autres sources qu'il avait dit que nous étions séparés Quelle surprise. Nous n'avions jamais abordé ce sujet et je ne le savais pas moi-même.

Par la suite, il me demandera négligemment de signer la rupture du Pacs « car ce n'est qu'un papier, on le refera plus tard » m'écrivait-il.

La résistance se mit alors en place, nous savions désormais qu'il mentait et manipulait pour son propre intérêt,

Sans se soucier une seule fois de savoir si j'avais un toit, à manger, si j'étais vivante. Nous étions pacsés, il ne m'a pas aidée, il m'a menti et enfoncée. C'est une faute grave. Actuellement, nous découvrons qu'il s'était créé quelques alibis (des mails, des déplacements) et qu'il a calculé tous les scénaris possibles pour m'abandonner en tentant de contourner les fautes pour abandon conjugal.

 

A l'attention des lecteurs, familles ou amis qui découvrent ce qu'est l'abandon conjugal.

L'abandon conjugal,ce n'est pas que la fuite du conjoint , c'est aussi de la manipulation : il faut que vous sortiez de vos fauteuils confortables campés devant la TV et portiez assistance immédiatement lorsqu'une personne clame de l'aide !

Non, nous ne sommes pas dans la catégorie « vous avez été larguée, y a bien une raison et il faut tourner la page» ou « d'autres ont divorcé et survécu ». Nous sommes des victimes car on nous a abandonnées (és) soudainement, sans raisons explicites et souvent privées (és) de moyens. Si vous ne prêtez pas assistance,on est doublement victime car on n'est pas en état, on est brisé et, en plus, vous ne nous tendez pas la main. L'intérêt de ces témoignages est de vous prouver qu'il n'y a aucun signe visible pour que l'on s'en sorte : le conjoint nous place en situation où l'on est coincé (ée).

Ensuite, on doit trouver l'énergie pour signaler sa situation (police, justice) et se protéger (banque, assurance).

Mais il n'existe rien pour nos besoins fondamentaux : la victime n'a souvent aucun moyen technique et financier de se retourner.

On est en état de choc, on vit un deuil et il n'y a aucune aide adaptée . Le traumatisme ne part pas, on le vit jour et nuit, dans les crises d'angoisse, en permanence. Catherine écrit : « Je n'avais plus la possibilité de nous nourrir correctement. Anéantie, épuisée moralement et financièrement, détruite, je ne concevais pas de refaire ma vie, même de la continuer » (cf p29).

L'abandon conjugal brise réellement même si ça ne se voit pas : Lorsqu'on a un accident, on a une blessure visible et un bandage, on reçoit des visites, des soins, une carte, des fleurs et des chocolats... et mêmes des bises des proches. Dans le cas d'abandon conjugal, on est entièrement brisé mais c'est invisible. Rajoutez à cela l'absence d'aide, le préjudice est immense.

Au moment où j’ai écrit ces lignes, j’étais SDF depuis 5 mois, je pouvais mourir dans la rue « pour de vraie » et dans la plus grande indifférence, alors que 5 mois plus tôt j'avais un toit et une vie très active. !

Les gens croient que « la Justice va m'aider face à ma situation»,or le malentendu est terrible : tant que les proches n'amorcent aucune démarche de premiers secours, on peut rester indéfiniment dans la rue sans que ça ne bouge.

J'ai été heureusement secourue et hébergée par des amis mais aussi des inconnus pour éviter que je finisse au Samu social. Depuis, ma belle-famille n'a jamais appelé pour savoir si j'étais vivante alors qu'ils me connaissent depuis 10 ans et que quelques jours avant nous fêtions dans la joie du soleil d'août, un double anniversaire avec plus de 80 personnes.

 

Vous croyez être protégé (ée) ? Vous qui lisez ceci, votre vie peut basculer en une journée.

Prenons le sujet sous un autre angle : perte d'emploi ? difficulté financière ? Problème de logemen t ? séparation difficile ? L'abandon conjugal,c'est souvent tout ça en même temps .

Les documents que l'on dépose en justice prouvent très bien que ce n'est pas une faute d'inattention, de gestion ou de la naïveté de notre part à nous, victimes d'abandon conjugal :

Aucune personne au monde ne dirait « oh oui mettez-moi à la rue et volez toutes mes affaires svp! ». Nos papiers sont bel et bien à jour, ils sont vérifiés conjointement et régulièrement MAIS on ne peut pas lutter si le conjoint et sa famille démarchent d'autres documents, à votre nom et sans vous prévenir, détournent de l'argent des services sociaux, vous volent et vous privent purement de vos propres affaires. Nous sommes dans un cas de « l'ennemi intérieur » et il a accès à tout !

Tous les témoins, amis proches, famille, voisins, mails privés prouvent que tout allait bien. Mon conjoint a vécu jusqu'à la dernière minute avec moi comme si de rien n'était (jeu, repas, balade, pique-nique entre amis) puis il a coupé nette toute communication. Exactement ce qui se passe avant un conflit : détruire tous les moyens de communication. J'ai réalisé cela trop tard.

Heureusement j'ai des preuves, des documents et j'ai fait intervenir la justice immédiatement pour acter et « me protéger » à défaut d'un quelconque secours.

 

Un document éclairant : les textes de loi sur « l'abandon du domicile conjugal ».

En découvrant ces documents, je découvrais que mon conjoint avait suivi à la lettre comment contourner chacun des cas de figure. Son objectif devenait clair: déguiser son abandon conjugal en «départ professionnel » et nous faire croire que je me retrouvais à la rue par ma faute. Le constat est terrible : le séjour d'un an à l'étranger était un montage. Il avait préparé des alibis, toutes nos affaires étaient empaquetées à la cave et chez ses parents, il a fermé le logement et il m'a jeté comme un sac-poubelle en partant. Sa lettre de rupture de Pacs ressemblait à un copié-collé du modèle en ligne.

Il y a bien violation grave des droits et devoirs du PACS car cela rendait impossible et intolérable le maintien de la vie commune.

Questions : Voulait il se débarrasser de moi ou fuyait-il TOUTES les fraudes qu'il avait commises et que je pouvais enfin voir ?

 

Je remercie Cathy pour son livre car il faut sortir de cette situation où le coupable agit en toute impunité.

Merci à Catherine qui a dénoncé la réalité d'un système public qui fonctionne comme un guichet, incompétent, inefficace, absent, sans résultats alors qu'avec juste une amorce, on peut remettre la victime sur les rails à temps et réduire considérablement les dégâts. Comment redémarrer sa vie depuis rien ?

L'Etat entretient et fabrique donc la précarité. La télévision continue le travail de sape et détruit la solidarité interpersonnelle. La télévision est raz-de-marée incontournable de chaînes et d'émissions qui déversent en continu des exploits d'arrestations, des assauts militaires pour des petits trafiquants en milieu urbain. Pendant ce temps, les « escrocs en col blanc » détruisent des familles entières dans le plus grand silence. Le constat est sans appel clair : la prévention est absente, l'intervention n'est pas au bon endroit, les victimes peuvent rester sur la route et pour les escrocs « allez-y, c'est un boulevard, prenez, jetez, vous n'avez rien à craindre de la Justice, même avec x arrestations, vous serez relâchés". [1] La Télévision occulte les métiers de la prévention en souffrance et la diversité des medias relaye en boucle les mêmes contenus. Nous sommes bien dans l'utopie de la communication. Jamais nous n'avons eu autant d'outils et jamais nous n'avons autant été coupés.

On nous barde de nouvelles technologies, de vidéosurveillance, de biométrie, d'analyse ADN... mais lorsqu'on signale des coupables, ils continuent d'agir tranquillement, voire cela se retourne contre les citoyens (publicités ciblées, surveillance des employés, gloire aux jeux vidéos desocialisants...). La technologie n'est malheureusement pas au service des citoyens.

Pendant ce temps, les victimes qui ont besoin d'aide immédiatement ne trouvent aucun secours. Le silence des proches est complice et la Justice n'intervenant que des années après, il est trop tard.

Cela fait beaucoup de différence entre croire que l'on peut être aidé (ée) en cas de problème et voir que l'on peut vraiment mourir au bord de la route sans que personne ne lève un doigt. Les victimes ne demandent pas d'argent, elles demandent une assistance, une reconnaissance pour que l'on

puisse se reconstruire et que le coupable soit interpellé avant qu'il ne continue de détruire d'autres vies.

 

Je suis une battante, j'ai fait des études, je m'en suis sortie seule, je n'ai commis aucun délit et on ne m'a laissé aucune chance de m'en sortir.

Alors qu'une personne qui commet un délit a droit à plusieurs chances, du

suivi, de l'accompagnement. Un prisonnier a un toit, à manger, il peut faire du sport et lire.

Les étudiants sont libres mais vivent une vie austère dans une situation souvent très précaire. Moi je me suis retrouvée en précarité absolue : avec 0 euro, 0 toit, 0 papier, Je n'ai reçu aucune aide.

 

Catherine a très bien présenté les étapes que vit de l'intérieur la victime de l'abandon conjugal : on ne sait rien, on ne comprend pas.

Pour moi, celui qui abandonne tranquillement son conjoint, c'est un criminel. Car c'est un meurtre lent, silencieux,sadique et le coupable garde ses gants bien blancs.

S'il était arrivé malheur à Catherine, qui aurait enquêté?

S'il m'était arrivé malheur, qui aurait rétabli la vérité pour que tout l'entourage sache et puisse se reconstruire ?

Cette histoire révèle la honte, le malaise, l'incompétence, la cruauté de non-assistance à beaucoup de personnes en danger. Catherine a demandé de l'aide et les gens se réveillent 20 ans après !

Grâce au livre de Catherine, j'ai pu voir le sort qui m'était réservé, j'ai pu anticiper et me sauver.

Je respecte tous les corps de métiers ainsi que la police.

Selon moi, la police est donc devenue un guichet pour protéger l'atteinte à la propriété.

La situation est incompréhensible : si j'avais volé la carte bleue de mon conjoint, j'aurai été arrêtée. Or mon conjoint m'a volé, privé de mes affaires et détruit des données, réseau, accès. J'ai été privée de mes droits fondamentaux.

Lorsque je suis allée à l'hôtel de police pour signaler l'abandon conjugal, on m'a traité comme un chien. J'ai un témoin du métier. La main-courante a été rédigée avec une non-écoute et un dédain total .Les humains ne sont plus écoutés, protégés, redirigés, suivis. Sommes-nous volontairement éliminés pour préparer le futur marché de la sécurité personnelle à l'américaine ?

 

Depuis septembre 2012, ma vie c'est lutter pour ma survie, faire tomber le tabou de ma belle-famille qui m'imposait le silence, dénoncer l'inaction, et rappeler qu'être victime ce n'est pas une honte. Mon entourage n'en revient pas car je n'ai pas honte de dire : je suis SDF, j'ai froid, j'ai faim. Aidez-moi ! ». On me demande où est mon conjoint ? Je ne sais jamais quoi dire si ce n'est qu'« il m'a abandonnée ». « Comment ça il t'a abandonnée ? ».

 

Je démarche pour récupérer ma dignité :

L' Etat est censé être le gardien de nos droits. Je témoigne avoir été reçue par tous les services (sociaux,santé, droit, police) et n'avoir trouvé ni accueil utile, ni aide, ni action. Tout comme Catherine Montaut l'a écrit (cfp22), et en respectant les métiers de chacun, je constate que ces fonctionnaires en poste font office de guichet.Or, c'est au moment où l'on a besoin d'aide pour sortir de l'eau qu'il n'y a rien. Faisant traîner inutilement notre sort pour des années.

La Justice actuelle inverse les forces en faveur des criminels : en demandant à la victime dépossédée de tous moyens de fournir les éléments pendant que le coupable a tout le temps de détruire d'autres preuves précieuses.

Pourquoi c'est toujours le fuyard qui est tranquille dans son fief le temps que la Justice intervienne et que c'est la victime qui doit se relever depuis rien ?

Sans justice, c'est l'impunité qui est encouragée . Il est temps de rétablir la balance: que l'on s'occupe enfin des victimes tant qu'elles ne sont pas bousillées et que les coupables comparaissent car ils continuent de nuire et de bousiller d'autres vies.

 

Sans intervention de la Justice la reconstruction est impossible.

Se retrouver sans conjoint, sans toit, sans affaires et sans explications du jour au lendemain est insurmontable. Cinq mois après l’abandon, j’étais encore SDF, seule, en attente d'action de la Justice, démunie et dans la plus grande indifférence de tous les services publics, je m'occupais au chaud depuis une médiathèque. Et ça a duré encore plusieurs semaines.

 

Je remercie l'unanimité des soutiens que j'ai reçus, le réseau de solidarité qui s'est mis en branle lorsque je me suis retrouvée démunie de tout. Je dédie mes remerciements aux amis et proches qui m'ont hébergée face à l'urgence, à ma mère qui a tout donné, mon frère qui m'a donné des tickets restaurants, mon père qui s'est mobilisé pour sauver mes habits et quelques affaires personnelles, aux villageois qui m'ont épaulée, aux commerçants qui m'ont aidée, aux bibliothèques qui m'ont accueillie pour que je travaille dans un endroit protégé, à tous ces inconnus qui m'ont secourue immédiatement et qui m'ont fait des dons, à tous les experts qui se sont investis sur ce dossier. Ces JUSTES, je les remercie.

 

Cf page fait référence à des citations du livre de C.Montaut, «1+2=7 Sinistre sentimental »

[1] Crime, trafics et réseaux , Géopolitique de l'économie parallèle

Michel Koutouzis (Auteur), Pascale Perez (Auteur) - Essai (broché). Mai 2012 - Ellipses